La carte à gauche montre les nations où l’anglais est la langue officielle. C’est impressionnant, mais ce n’est rien par rapport à sa capacité de pénétration. J’entends par cela la capacité de l’anglais de pénétrer dans les autres langues, qui absorbent de plus en plus d’anglicismes : des mots comme « booster », « peanuts », « buzz », naguère totalement méconnus en français. Un peu d’histoire pour mieux comprendre.
La première langue à pénétrer une quantité énorme d’autres langues fut le latin. Sa pénétration fut rendue possible par l’expansion de l’empire romain, qui, imposant l’unique langue écrite, fit du latin la matrice commune de toute langue européenne; des mots comme le verbe « décider » sont encore aujourd’hui utilisés de l’allemand à l’espagnol, en passant par l’italien, le portugais, etc.. Même les langues qui semblent plus germaniques, comme l’allemand, ont adopté la syntaxe et la grammaire latine.
La deuxième vague de pénétration du latin est due surtout à l’Eglise, qui fournissait les écoles, l’éducation, les cérémonies religieuses avec beaucoup de latin.
La diffusion de l’anglais est due d’abord à l’importance politique, économique et culturelle de l’Angleterre à partir du XIXe siècle et des États-Unis à partir du 20e. De surcroît, la globalisation est en même temps cause et conséquence du développement d’Internet. La toile s’est développée à partir des États-Unis, et ses protagonistes sont en large mesure anglophones : Google, Facebook, Twitter, Skype, Yahoo, Microsoft, etc..
De plus, parmi les pays émergeants, l’anglais est toujours la deuxième langue, il suffit de penser à la Chine, l’Inde, la Russie ou encore les pays asiatiques. Si un Coréen et un Thaïlandais se rencontrent au Japon, ils parlent anglais.
Les réseaux sociaux, Skype, le web (pardon, la toile) : autant d’outils qui parsèment d’anglicismes notre vocabulaire quotidien. Ajoutez à cela son coté pratique et fonctionnel : pas de conjugaisons, pas de genre masculin féminin ou neutre, ce qui le rend facile.
L’anglais va-t-il donc devenir une sorte d’Espéranto, la langue véhiculaire par excellence ou presque unique d’un monde globalisé? I think so.


